Dans la petite ville inconnue,
On avançait bras d’sous, bras d’sus
C’soir-là on avait rendez vous
Dans un lieu tout nouveau pour nous
Nous on s’connaissait pas beaucoup
C’était le début et encore flou
Mais nos délir’s à l’unisson
Faisaient de nous des polissons
On a d’mandé notre chemin
A des gens qui passaient pas loin
Z’étaient sûr’ment bien renseignés
Ils nous diraient par où passer
Etait-ce ici ou bien par là
Que nous d‘vions diriger nos pas ?
La République ne pouvait pas
Avoir disparu d’ici-bas !
Oui mais voilà ! Y savaient pas !
Y nous donnaient d’autres noms d’ rues
Qui nous auraient certain’ment plu
Mais cell’ qu’on voulait, rien ! Nada !
Il faisait chaud, on rigolait
Nos corps peu à peu s’rapprochaient
Un désir violent et subit
Sans prévenir soudain nous prit
Mais on n’pouvait pas consommer
Y avait trop d’monde pour s’régaler
Bien qu’ça puiss’ être très excitant
De fair’ l’amour d’vant des passants
Seul’ment voilà ! Y r’gardaient pas !
Y nous donnaient just’ des noms d’rues
Mais nous on n’ les écoutait plus
Et on rêvait d’une pair’ de draps
De long en large on a marché
On a traversé la cité
L’était pas grande c’était vite fait
Mais tout d’même on se demandait
Si un jour on allait trouver
Cett’ rue qui sembait bien cachée
Qu’allaient donc penser nos amis ?
« On vient ce soir ! On vous l’a dit ! »
Oui mais voilà ! On trouvait pas !
On errait toujours dans la rue
Etions-nous pour toujours perdus ?
Condamnés à marcher comm’ ça ?
Finalement c’est pas plus mal
De s’ sentir un jour comm’ Dédale
Qui parcourait son labyrinthe
(Et lui c’était sans une étreinte)
Devrions-nous toujours savoir
Où nous conduisent nos espoirs ?
Quand l’amour est au rendez-vous
Ouvrons les portes et les verrous !
Pas besoin de connaitr’en somme
Ce qui fait qu’on croque la pomme
Lorsque l’on march’ main dans la main
Avec un cadeau du destin
Il faut profiter du moment
Le dévorer intensément
Moquons nous de tous les « on dit »
En avant pour la nouvell’ vie !
Ah ben voilà ! Ca y est, c’est là !
On a débouché dans la rue
« Un p’tit canon ? C’est pas d’refus !
J’vous présent’ celle que j’quitt’rai plus ! »
Philippe Saïd le 13/09/07
